CO129-224 - Foreign Office - 1885 — Page 104

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756 (1885) 12 Février

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JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Un commandant particulier a été éga- fement envoyé à Aninie; la perception d'un faible droit de sortie sur les ex por tations d'huile de palme suffira pour sub venir aux dépenses résultant de la créa tion de cette "administration qui était in- stamment demandée par les négociants français établis à la côte d'Or. Enfin, la ratification officielle de 72 traités passés 'avec différents chefs de la côte d'Ivoire, de la côte d'Or et des régions avoisinant Je Gabon, a permis à notre diplomatie de e présenter à la conférence de Berlin, munie de titres réguliers.

Au Sénégal, nous avons récolté ce qu'avaient préparé les glorieuses et péni bles campagnes des années précédentes Les couleurs françaises flottent sur le Haut-Niger; nous y avons lancé une pre- mière canonnière, et cet événement à eu jusqu'au centre de l'Afrique un retentis- la Djemma de Tombouctou -sement tel que n'a pas hésité à envoyer un ambassadeur Sénégal pour porter à la colonie et à Tadministration la parole de paix et d'amitié, et les assurer de son désir de her bientôt avec la France des relations permanentes.

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No 42 Dix-septième année, m

C'est dans cette voie que, d'accord avec Dans l'Inde, les mêmes considérations | qui ont déterminé la création d'Obock, leurs représentants, nous les encoura- ont amené le ministre à ordonner l'étageons à entrer. Il appartiendra à la mé. blissement à Pondichery et à Mahé de tropole de faciliter cette transformation en dépôts de charbon qui dispenseront nos abaissant, à l'entrée en France, les pits navires de relâcher à Singapour. La pré- qui frappent les produits coloniaux. seucé de nos bâtiments dans ces ports y La Guadeloupe, la Réunion et la Mar- produira un mouvement des plus profi-tinique, ont donné un gage des senti- ments de solidarité qui les unissent à la tables aux intérêts de la métropole et de

métropole en votan, sur la demande du la colonie.

Je n'aurais, en outre, dans nos établis département, un tarif de douanes qui as- sements de l'Inde, qu'à signaler l'heu-surs de sérieux avantages aux produits reux apaisement amené par l'application, de l'industrie métropolitaine.

Par une équitable réciprocité, eller pour l'élection des conseils électifs, du décret du 26 février 1884, qui est votre sont en droit de demander un traitement muvre, messieurs, si malheureusement de faveur pour leurs produits à l'entrée en France. Je n'épargnerai, on se qui me les désastres causés par de terribles inon- dations n'étaient venus momentanément concerne, aucun effort pour arriver à ce résultat désirable, et j'ai la satisfaction troubler l'essor de la colonie, Vous sa- vez qu'une subvention de 300,000 fr. a de constater que sous la réserve de l'étude été volée par la Chambre pour pourvoir plus complète de cette détaxe, M. le mi- aux premiers besoins; les derniers rap-nistre des finances n'est pas opposé au

font principe de ce projet. ports reçus de Pondichéry me craindre que ce ne soit un secours bian insuffisant et que le Gouvernement se soit bientôt amené à faire un nouvel ap- pel au Parlement.

Je n'aurais guère à vous parler de pos

Dans un même ordre d'idées, le tarif de droits différentiels sur lequel vous avez été appelés à donner votre avis dans une précédente session a été promulgué par le décret du 27 août 1884. La Cochin-

De Saint-Louis, l'envoyé est venu jus-vieilles et chères colonies - ces départe-chine, d'autre part, vient de transmettre qu'à Paris confirmer au Gouvernementments français d'au delà des mers si l'objet de sa mission sur la portée de la- quelle il est inutile d'insister.

au département un projet qui sera certai- ce n'est pour constater que leur assimila-nement favorablement accueilli par l'ia-

dustrie métropolitaine. tion avec la métropole devient de jour en jour plus complète et plus absolue.

Le conseil colonial, après avis de la chambre de commerce de Saigon, a votó un projet de tarif douanier, préparé con- formément à nos instructions, et qui, dans

Sur la côte orientale d'Afrique nous citons la création d'un établissement

La loi municipale de 1884 a pu leur nouveau auquel l'avenir réserva, je crois, ave grande importance. Nos droits à être appliquée dans son intégrité : cous Phock remontent à 1862, mais il n'y avons en déjà l'occasion de faire l'appui la pensés du Gouvernement et suivant avait eu jusqu'à présent aucune prise de cation d'une des dispositions nouvelles de possession officielle. Les opérations mili-calla loi, à propos de l'emprunt de 3 mit-les traités des 6 et 17 juin doit être appli- taires engagées dons l'Extrême-Orient lions projeté par la commune de Saint- cat amené à reconnaître qu'il pourrait Pierre (Reunion), pour l'achèvement de son port. La Chambre, par un vote très Are, à un moment donné, utile pour no-

qué au Cambodge, à l'Annam et au Ton kin pour constituer l'union douanière de la presqu'île indo-chinoise.

tre marine de cesser d'être tributaire des récent, a donné à la commune l'autorisa français jouiront d'une détaxe de 75 p.100

ports étrangers pour des approvisionne- anents de vivres et de charbon.

Le dernier rapport des commandants de bâtiments de l'Etat qui ont séjourné à Obock constatent que le ravitaillement 18. fait dans des conditions relativement fa- ciles, qu'on y trouve des boeufs et des moutons, des légumes frais et de l'eau donce.

Le commandant d'Obock a été nommé; par un décret du 11 jom: avec l'assenti ment du département il a établi le protec torat de la France sur la région placée au sud d'Obeck, à Gubbes-Khasab et à Tadjourah,

tion de contracter l'emprunt qui lui était nécessaire.

Aux termes de ce projet, les produits

sur les droits qu'il comprend et qui va- rient de 10 a 15 p. 100 da la valeur des Les travaux du port de la Pointe-des-différents produits. J'espère être prochai- Galeta, que la convention nouvelle, ap-nement en mesure de soumettre cet im- prouvée par le Parlement, a permis de portant travail à votre examen.

Le département ne néglige, du reste, poursuivre activement, sont également en

aucun des moyens dont il peut disposer bonne vois.

Mais si, au point de vue administratif pour ouvrir au commerce national les et politique, l'intervention du départe-débouchés que prometient les marchés

de l'Indo-Chine. ment n'a que de rares occasions de s'exer-

tion:.

cer à la Réunion, à la Martinique et à la La concession des mines de l'Aunam Guadeloupe, la crise économique que trået du Tonkin qui résultera de l'adjudica- versent ces colonies est malheureuse- tion, et leur exploitation seront réglées ment une source d'incessantes préoccupa dans le sens du travail d'une commission qui s'est entourée des renseignements Bu attendant que la loi sur les sucres qu'ont pu lui fournir, à Paris, tous les votée par le Parlement produise les résul hommes compétents et qui complètera tats qu'il est permis d'en espérer, nous son étude d'après les rapports d'ane mis avons dû pourvoir aux nécessités du mo- sion que le département va prochaine- ment par des mesures concertées avec lement envoyer sur les lieux. département des finances. Je citerai le décret du 18 août, autorisant l'émission de bons de caisse à la Martinique et à la Guadeloupe; le décret du 6 décembre dernier autorisant la banque de la Réu- nion à porter son capital de trois à quatre millions.

Cette extension de notre influence pourra, dans un avenir prochain, faire Obock un port de transit sérieux. Dar rière la côte qui constitue notre nouvelle possession s'étend, en effet, une vaste et fertile région encore peu explorée : le Choa. Le sol y est fertile et les richesses qu'il produit n'attendent pour fournir les siéments d'un trafic considérable que l'e- ablissement de débouchés faciles et de vales de communication. Or, c'est à Tad- rah qu'aboutit le chemin suivi par les

vanas. Il est donc permis d'espérer Mais, nous ne nous faisons pas d'illa. notre colonie d'Obock bénéficiera sion sur la portée et l'efficacité de ces me- ans une large mesure du courant com- ures: le varitable remède à la crise agri- ercial que l'action civilisatrice des puis-cole et industrielle dont souffrent ces co- mces européennes qui explorent cattelonies sucrières, résultera d'une transfor- nie de l'Afrique ne manquera pas d'émation partielle de leur production par le ablir entre le Choa et les ports de la mer développement des cultures secondaires : Bonge.

les cafés, cacaos, vanilles, etc.

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D'autre part, sur la demande qui lui a été adressée par le département, ia ban- que de l'Indo-Chine s'est préoccupés d'installer au Tonkin une succursale de son établissement de crédit, qui rendra les plus grands services aux négociants qui se sont installés à Haï-Phong et à Hanoi, et à ceux qui n'attendens que la pacification complète du pays pour s'y établir.

Un service de renseignements, destiné à fournir aux immigrants toutes les indi- cations qui peuvent leur être utiles pour faciliter fear installation, fonctionne à Hai-Phong, parallèlement au bureau

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Dir-mptième année.

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇ d'informations commerciales, chargé de i appel aux conseils éclairés et à l'expé- centraliser les renseignements recueillis rience pratique des représentants élus des. par les résidents sur les productions, le colonies; aux colonies, création d'as-` Commerce et l'industrie du pays, et de semblées locales recrutées par le suffrage foir au département tous les rensei universel.

Si, dans la voie que je viens d'indiquer, gudents qui peuvent contribuer à faire exactement connaître le Tonkin. Ces rap- quelque pas en avant a été fait, une ports out fait l'objet d'une série de publi- grande part de l'honneur en revient à cations qui ont été envoyées aux cham- vous, messieurs, qui n'avez cessé de pré- bres de commerce, aux chambres consulter à l'administration le concours le plus tatives des arts et manufactures et aux empressé et le plus dévoué. principales chambres syndicales.

Je profite de cette occasion pour sou- En Nouvelle-Calédonie, la reprise de baiter ici la bienvenus, comme vice-pré- l'immigration néo-hébridáíse a fourni à sident du conseil, à notre collègueTM M. la colonie la main-d'œuvre qui lui est Berlet, appelé, par un décret récent da Président de la République, à remplacer nécessaire pour le développement de res exploitations industrielles et agricoles. dans cette fonction M. Rouvier, ministre du commerce. M. Berlet, par sa grande Mais si ces opérations ont été de nouveau autorisées, ce n'est qu'à la condition que, expérience des questions administratives par un contrôle sérieux de l'administra-et parlementaires, représente au bureau tion, elles ne perdent jamais le caractère du conseil l'élément métropolitain; l'élé- de contrats librement consentit. Notre ment colonial est, vous le savez, mes- surveillance sur ce point no será pas sieurs, représenté par la plus haute, la mise en défaut, et la première infraction plus vénérée personnalité des colonies aux règles de l'humanité serait le signal françaises, notre cher doyen M. Victor d'une nouvelle et immédiate interdiction. Schoelcher, le plus jeune de pous par la Je ne terminerai pas cette revue rapide chaleur du cœur et l'ardeur qu'il apporte sans dire un mot d'uns question qui, à à la défense de toutes les causes justes et Nouméa, nous a valu de vives récrimina- | généreuses. J'ajouterai que si los hautes tions: je veux parler da décret du 16 fonctions confiées à M. Rouvier l'ent août 1884 portant délimitation du terri- éloigné de nos travaux, nous pouvons avoir l'assurance qu'il ne carrera, dans toire pénitentiaire. Notre honorable col- lègue M. Moncalon ne m'en voudra pas la sphère où il est placé, de prêter à l'ad- ministration coloniale le concours de son de dire que les protestations que les co- lons ont adressées à ce sujet au départe expérience et de sa grande intelligence. J'ai trouvé au sein de l'administration ment ont empreintes d'une manifeste

des colonies des collaborateurs précieux. exagération.

Je n'ai pas à faire ici l'éloge des chefs de service qui vous sont personnellement connus et qui sont devenus vos collègues ; mais je serai l'interprète de leurs senti- ments en même temps que des miens en rappelant le zèle, le labeur constant et mo- deste des fonctionnaires placés ici sous leurs ordres et des agents qui, aux divers degrés de la hiérarchie, représentent notre administration aux colonies.

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La loi du 30 mai 1854, sur l'application de la peine des travaux forcés, à fait de la Nouvelle-Calédonie une colonie péni- tentiaire; elle a prévu que des conces- sions de terres pourraient être accordées au bout d'un certain temps aux transpor- tės; il était donc de toute nécessité, sons peine d'être amené dans un temps donné à ne plus appliquer la loi, de déterminer la réserve du domaine dont l'Etat pent❘

Enfin, messieurs, je n'oublie pas que, disposer pour la transportation. Est-ce à dire qu'il soit question de dépouiller les si les entreprises coloniales de la France colons libres, ou d'écarter de la colonie ont été couronnées de succès, nous le de- ceux qui voudraient s'y établir? Loin devons avant tout aux héroïques efforts de nous cette pensée! et je puis affirmer nos marins et de nos soldats. J'ai pu, hautement que dans l'application du dé- dans certaines parties de l'exposé que je 1 cret du 16 août il sera tenu le plus grand viens de faire, heurter les opinions de compte des droits acquis par les colons, quelques-uns d'entre vous; je suis cer- et que des terres considérables resteroni tain à l'avance de réunir l'unanimité de vos approbations en vous proposant d'unir disponibles pour ceux qui voudront les

dans un même sentiment de patriotique exploiter sérieusement.

reconnaissance tous ceux-obscurs ou qui, soit au Tonkin, soit à glorieux Madagascar ou dans les mers de Chine, luttent au loin pour faire respecter le nom de la France et le drapeau national,

Enfin, si l'avenir prouve que la réserve pénitentiaire est trop étendue, la colonie peut compter que l'Etat sera le premier à accorder à la colonisation tout ce qu'il sera possible de lui donner.

En résumé, messieurs, le programme dont, sous la haute et libérale direction de l'amiral Peyron, j'ai eu l'honneur de poursuivre la réalisation, peut se résumer comme suit :

Comme politique extérieure, conséera tion et exercice effectif des droits de la France;

|

M. Paul Brunat, chargé d'une mission com- merciale au Tonkin, vient d'adresser du sous-se- crétaire d'Etat de la marine et des colonies le

rapport suivant, où il consigne je résultat som-

maire de ses observations.

L'initiative de la mission que je viens de rem*

Comme politique économique, protec-plir an Tonkin est duela chambra de com- merce de Lyon qui mois de mai dernier, me tor des intérêts de la production métro- politaine dans les colonies; protection fit demander à Spaghet, où je résidais, si j'é- tais disposé à Leftreprendre, et qui, sur ma ré- sur le marché métropolitain de la proponse affirmative, proposa aux diverses autres duction colonialo.

chambres commerce de France de se joindre Enan, notre administration s'est apà elle et de m'envoyer des questionnaires sur puyée sur une double base: en France, ce qui pouvait les intéresser.

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